Forme quadratique

En mathématiques, une forme quadratique est un polynôme homogène de degré deux avec un nombre quelconque de variables. A titre d'exemple, la distance comprise entre deux points dans un espace euclidien à trois dimensions s'obtient en calculant...



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Algèbre bilinéaire

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En mathématiques, une forme quadratique est un polynôme homogène de degré deux avec un nombre quelconque de variables. A titre d'exemple, la distance comprise entre deux points dans un espace euclidien à trois dimensions s'obtient en calculant la racine carrée d'une forme quadratique impliquant six variables qui sont les trois coordonnées de chacun des deux points.

Les formes quadratiques d'une, deux et trois variables sont données par les formules suivantes :

F(x) = axˆ2\,
F(x,y) = axˆ2 + byˆ2 + 2cxy\,
F(x,y,z) = axˆ2 + byˆ2 + czˆ2 + 2dxy + 2exz + 2fyz\,

L'archétype de forme quadratique est la forme \,xˆ2 + yˆ2 + zˆ2 sur \,\Rˆ3 qui définit la structure euclidienne. C'est pourquoi la théorie des formes quadratiques utilise la terminologie de la géométrie (orthogonalité). La géométrie est un bon guide pour aborder cette théorie, malgré quelques pièges.

Les formes quadratiques interviennent dans de nombreux domaines des mathématiques :

Si 0 est un point critique, cette forme, dans le cas où elle est non dégénérée, sert à décider si on a affaire à un maximum local, à un minimum local ou à un point selle.

Formes quadratiques sur un espace vectoriel

Soit un espace vectoriel V sur un corps F. Pour le moment, nous supposons que F possède une caractéristique différente de 2. C'est le cas, surtout, pour les corps réels et complexes qui sont de caractéristique 0. Le cas où la caractéristique vaut 2 sera traité scindément.

Une application Q : V \to  F est nommée forme quadratique sur V s'il existe une forme bilinéaire symétrique B : V \times V \to F telle que

\forall u \in V, Q(u) = B(u,u)

B est alors unique et nommée la forme bilinéaire associée.

En effet, si \,u,v sont des vecteurs de V,

Q(u + v) = Q(u) + 2B(u,v) + Q(v)\,

donc l'expression indispensable de la forme bilinéaire symétrique B selon Q est :

B(u,v) = \frac{1}{2}\left(Q(u+v) - Q(u) - Q(v)\right)

C'est un exemple de polarisation d'une forme algébrique. Il existe alors une correspondance bijective entre les formes quadratiques sur V et les formes bilinéaires symétriques sur V. À partir d'une forme donnée, nous pouvons définir de manière unique l'autre forme.

Quelques autres propriétés des formes quadratiques :

Q(u+v) + Q(u-v) = 2Q(u) + 2Q(v)\,
Q(u+v) = Q(u) + Q(v)\,

une base \,(e_i)_{1\le i\le n} telle que \,B(e_i,e_j)=0 pour \,i\not=j. C'est une conséquence immédiate de la réduction de Gauss.

Expression matricielle

Si V est de dimension n, et si \,(e_i)_{1\le i\le n} est une base de V, on associe à B la matrice symétrique B définie par \mathbf{B}_{ij}=B(e_i,e_j) p. La forme quadratique Q est alors donnée par

Q(u) = \mathbf{ˆTu} \mathbf{Bu} = \sum_{i,j=1}ˆ{n}B_{ij}uˆi uˆj

où les \,uˆi sont les coordonnées de u dans cette base, et u la matrice colonne constituée par ces coordonnées. On dit que B est la matrice de Q comparé à la base.

Q (u) est un polynôme homogène de degré deux comparé aux coordonnées de u, conformément à notre définition de départ.

Soit \,(eˆ{\prime}_i)_{1\le i\le n} une autre base de V, et soit \,P la matrice de passage exprimant les anciennes coordonnées suivant les nouvelles. De la relation \,\mathbf{u}=P\mathbf{uˆ\prime} on tire \mathbf{Bˆ\prime}={}ˆTP\mathbf{B}P pour la matrice de B dans la nouvelle base. On dit que B et B' sont congruentes.

Rang

Le noyau d'une forme quadratique Q (on dit aussi radical) est par définition le sous-espace vectoriel

\mathrm{rad}(Q)=\{x\in V,\forall y\in V, B(x,y)=0\}

Cet espace est le noyau de l'application linéaire de V dans l'espace dual V* qui associe à x la forme linéaire y\mapsto B(x,y) Une forme quadratique est dite non dégénérée si rad (Q) =0, c'est à dire si l'application linéaire ci-dessus est un isomorphisme.

Le rang de Q est par définition dim V - dim (rad (Q) ) . C'est aussi le rang de la matrice de Q comparé à une base quelconque.

Sous-espaces orthogonaux

Si W est un sous-espace vectoriel de V, l'orthogonal de W est le sous-espace


Wˆ\perp = \{x\in V,\forall y\in W, B(x,y)= 0\}

Cette notion généralise l'orthogonalité dans les espaces euclidiens, mais il y a quelques pièges. Par exemple sur \,F\times F, la forme quadratique \,Q(x,y)=xy est non dégénérée, mais chacun des sous-espaces F\times\{0\} et \{0\}\times F est son propre orthogonal. D'une façon plus générale, si Q est non dégénérée, on a bien \mathrm{dim}W+\mathrm{dim}Wˆ\perp=\mathrm{dim}V, comme dans le cas euclidien. Mais l'intersection W\cap Wˆ\perp n'est pas nécessairement réduite à zéro.

Discriminant

Soit q une forme quadratique et A sa matrice comparé à une base de V. Si on effectue un changement de base de matrice Q, la matrice de q dans la nouvelle base sera \,Aˆ\prime ={}ˆtQAQ. Selon les propriétés élémentaires des déterminants, \det Aˆ\prime=(\det Q)ˆ2\det A . Si q est non dégénérée, l'image du déterminant dans le groupe quotient Kˆ\ast/(Kˆ\ast)ˆ2 ne dépend pas de la base. C'est cet élément qu'on nomme le discriminant de la forme quadratique. Si q est dégénérée, on convient que le discriminant est nul.

Exemples

Si K=\mathbb{C}, le quotient Kˆ\ast/(Kˆ\ast)ˆ2 est réduit à l'élément neutre, et le discriminant est sans intérêt.

Si K=\mathbb{R}, le quotient Kˆ\ast/(Kˆ\ast)ˆ2 s'identifie à \{\pm 1\}, vu comme sous-groupe multiplicatif de \mathbb{R}ˆ\ast. On peut par conséquent parler de formes quadratiques à discriminant positif ou négatif. A titre d'exemple, le discriminant de la forme quadratique ax2 + 2bxy + cy2 sur \mathbb{R}ˆ2, supposée non dégénérée, est donnée par le signe de \,ac-bˆ2. S'il est positif, la forme est définie positive ou définie négative, s'il est négatif, la réduction de Gauss sera de la forme (ux+vy)ˆ2-(uˆ\prime x+ vˆ\prime y)ˆ2. On retrouve, ce qui n'est pas étonnant, la théorie de l'équation du second degré.

Si p est un nombre premier, et K le corps \mathbb{F}_p à p éléments, la théorie élémentaires des résidus quadratiques assure que Kˆ\ast/(Kˆ\ast)ˆ2 est toujours isomorphe au groupe à deux éléments.

Le problème de classification

On dira que deux formes quadratiques Q et Q' sont équivalentes s'il existe une application linéaire inversible \,\phi telle que \,Qˆ\prime=Q\circ\phi. Il revient au même de dire que leur matrices dans une même base sont congruentes. Classer les formes quadratiques sur un espace vectoriel V c'est

\,Gl(V) donnée par  (\phi,Q)\mapsto Q\circ\phi

(ce ne sont que deux façons d'exprimer la même chose).

On a les résultats suivants.

(de caractéristique \not=2) deux formes quadratiques sont équivalentes si et uniquement si elles ont même rang. C'est une conséquence directe de la réduction de Gauss

deux formes quadratiques sont équivalentes si et uniquement si elles ont même rang et même signature (loi d'inertie de Sylvester).

Deux formes quadratiques équivalentes ont même rang et même discriminant, mais l'inverse est loin d'être généralement vrai.

Cas de corps de caractéristique deux

La théorie des formes quadratiques de caractéristique deux possède une petite saveur différente, principalement parce que la division par 2 n'est pas envisageable. Il n'est plus vrai non plus que chaque forme quadratique est de la forme Q (u) = B (u, u) pour une forme bilinéaire symétrique B. En outre, même si B existe, elle n'est pas unique : puisque les formes alternées sont aussi symétriques en caractéristique deux, on peut ajouter toute forme alternée à B et obtenir la même forme quadratique.

Une définition plus générale d'une forme quadratique qui marche pour toute caractéristique est la suivante. Une forme quadratique d'un espace vectoriel V sur un corps F est comme une application Q : V \rightarrow  F telle que

Généralisations

On peut généraliser la notion de forme quadratique à des modules sur un anneau commutatif. Les formes quadratiques entières sont importantes en théorie des nombres et topologie.

Références

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